vendredi 8 mars 2013

Et bon 8 mars à Ségolène Royal...

NKM n'est probablement pas très fine, et peut être aussi mal interprétée
Mais bon. Admettons. Sortons la phrase du contexte : 

"Ségolène Royal en est à attendre que son ex la nomme quelque part". 

Évidemment, cette phrase est injuste et injurieuse. 
C'est aussi ce que l'UMP répète depuis quinze jours en boucle, dans l'indifférence générale, suite à la nomination de Ségolène Royal à la BPI....
J'en avais déjà parlé dans un billet. Les raisons pour lesquelles Royal est d'abord une femme politique, aussi légitime que n'importe qui. Donc je ne vais pas me répéter.

C'est quand même drôle de devoir attendre que ce soit NKM qui dise une bêtise pour voir le PS sortir du bois.
C'est quand même drôle de devoir attendre que ce soit la veille du 8 mars pour trouver tout cela un peu injuste et dégradant... "surtout cette veille de 8 mars". Genre les autres jours, c'est normal.
Et d'autant plus étonnant d'en profiter pour faire une grosse récupération pour la campagne des municipales....
Je doute des vraies motivations de certains : soutien à Royal ou surtout occasion de tacler l'adversaire de Hidalgo ? Je penche pour la deuxième option, vu ce qui a été débité par le PS en 2006-2007...

Il est clair que beaucoup en off, notamment parmi les ministres, tiennent les mêmes propos dans l'indifférence générale : 

"Je ne vois franchement pas François Hollande installer son ex-compagne à la table du conseil des ministres... C'est beaucoup trop compliqué" (Un ministre)
Donc la choisir pour être candidate du PS au même poste que Hollande, la voir faire la campagne de 2012 à ses cotés, ça passe. Mais ensuite passer à l'étape supérieure et gouverner ensemble, c'est pas possible ? C'est même "compliqué" ? 
C'est même quasiment lui demander d'arrêter sa carrière politique. 

Un autre rajoute une phrase soit très ambiguë, soit complètement stupide : 

"Les questions matrimoniales n'ont aucun intérêt."


C'est très noble de défendre Royal face à NKM. Si c'était moins hypocrite, ça le serait encore plus. Si c'était un peu plus spontané aussi. Oui, je fais ma difficile, mais à raison je crois. Cet article d'hier dans Le Point, sur le "serpent de mer" est loin d'être le premier où les ministres trouvent hyper subtil de dénigrer bassement et lâchement (anonymement... comme ça personne ne peut répondre puisqu'il n'y a personne à qui répondre) Royal. Quand ils auront son parcours politique, on en reparlera.
On tacle beaucoup NKM mais que dire de ce ministre "poids lourds" qui célèbre bien drôlement le 8 mars...

On devrait profiter de la journée des droits des femmes pour parler de celui là :
Le droit de mener et poursuivre sa carrière professionnelle indépendamment de sa vie familiale passée. François Hollande en a parlé hier, pourquoi ce serait applicable pour certaines personnes et non pour d'autres ?

Je ne suis pas certaine que le problème se poserait pour un homme. Instinctivement, un homme à le droit de travailler même quand sa femme a des hautes responsabilités. D'ailleurs Fabius a prononcé en 2006 son fameux "qui va garder les enfants ?" à propos de la déclaration de candidature de Royal, et non pas à propos de l'éventuelle candidature de Hollande au même moment.

Si on étend cela au monde du travail en général, j'imagine que tous ces gens pensent que quand un homme devient patron d'une entreprise, sa femme ou ex femme salariée dans la même boite devra donc démissionner pour éviter les conflits d'intérêt ? Tout progrès dans sa carrière sera forcément à mettre sur le compte de son ancien compagnon et non de ses capacités personnelles ?
Il y a encore pas mal d'avancées à faire pour les droits des femmes en France...



Disclaimer : mes articles ne sont pas libres de droit d'auteur. Ne pas les recopier sur une autre source sans mon accord. 

samedi 23 février 2013

Royal à la BPI : le machisme court toujours



Février 2013, malgré ce qu'on pouvait s'imaginer sur les évolutions de la société et des mentalités, le machisme et la domination masculine triomphent toujours.

La droite, et manifestement la majorité des gens (qui sont incapables de dire ce qu'est la Banque Publique d'Investissement) trouvent que la nomination de Ségolène Royal, ex femme de ancienne candidate à la présidentielle, Enarque, ancienne ministre, ancienne députée, présidente de région, 30 ans de vie politique, est une forme de copinage, ou pire, de promotion canapé (merci les connards).

Quand c'est Jean-Pierre Jouyet, le meilleur ami, et tous les mecs de la promotion Voltaire, là, ça passe. Mais pour Royal, ça fait longtemps que sa carrière professionnelle passe au second plan. Ce n'est pas de la femme politique dont on parle, c'est de l'ex femme de. Quand ce sont les soutiens historiques de Hollande qui sont recasés dans son cabinet, personne ne va regarder s'ils sont compétents. D'ailleurs tout le monde s'en fout, ce sont des hommes, ils SONT compétents. Par définition.

Mais une femme ? En plus, son ex-femme ?

Voilà, en 2013, on ne peut toujours pas quitter son mari/compagnon et espérer mouvoir dans le même domaine professionnel que lui.
Ségolène Royal n'a pas attendu que François Hollande soit président pour faire de la politique. Elle a adhéré au PS avant lui. Elle a été ministre avant lui. Elle a été candidate à la Présidence de la République avant lui. Elle a eu l'idée de la Banque Publique d'Investissement avant lui. Mais maintenant qu'il est Président, elle n'est plus que son ex. Et certains sont à deux doigts de lui demander de quitter la vie politique. Y compris des journalistes qui l'ont pourtant interviewée toutes ces années, et probablement sur la BPI. Y compris les journalistes, très surpris (oulala imaginez, on ne s'en doutait pas) qu'elle soit nominée à la Vice Présidence de la BPI. Ces mêmes journalistes qui ont noirci des papiers pour écrire qu'elle avait ses chances à la tête de la BPI car elle l'avait pré-figurée dans sa région et que c'était son idée. Allo la psy, on a des schizo sur les bras...

Sinon autre catégorie au moins aussi délétère : les gens qui ne sont pas forcément contre sa nomination à la tête de la BPI, mais qui pensent qu'elle l'a obtenue parce qu'elle "a fait la paix avec Valérie Trierweiler". Merci, mais bouclez là, hein.


Ségolène Royal a fait voté la création, dans sa région, d'une Banque publique d'investissement des PME, le 15 octobre 2012. C'était dans son programme, elle en parlait déjà en 2008, soit bien avant que François Hollande soit conquis par l'idée.

Pour le manque de légitimité, merci de repasser. D'ailleurs, ça me fait mal de le dire, mais même Olivier Falorni (ancien conseiller régional en Poitou Charentes, à qui il reste donc un peu de mémoire et de bonne foi) trouve "légitime" sa nomination à ce poste pour les raisons pré-citées.

Alors oui, elle n'est pas banquière. Bien sûr, qui le nie ? Mais, vous imaginez, seulement des banquiers à la tête de la BPI ?? Qui en voudrait ? Si on veut faire échouer la BPI, la recette est simple : mettez-y des banquiers.
La BPI, qui est là pour financer et accompagner les petites et moyennes entreprises, a besoin d'autre chose que de technocrates. Elle a besoin d'un sens politique pour prendre des risques et avancer.

Pour finir, non, elle ne cumule pas. Non, elle ne va pas quitter son poste de Présidente de Région, comme des imbéciles sont capables de le demander. Simplement parce que la BPI travaille en partenariat avec chaque Région. Il faut donc des représentants des Régions parmi le Conseil d'Administration. Ce sont Jean-Paul Huchon et Ségolène Royal, parité oblige. Et pour le coup, on n'a pas beaucoup le choix dans les présidentEs de région. Il serait anormal de ne pas choisir Ségolène Royal (pour les raisons encore pré citées).
Le Vice Président est lui même choisi parmi le Conseil d'Administration (CA). Si elle n'est plus présidente de Région, elle n'a aucune raison d'être au CA, puisqu'elle y est en tant que présidente de Région. Donc elle n'est plus Vice Présidente non plus. CQFD...

Réfléchir parfois, avant de dire n'importe quoi simplement parce qu'on n'aime pas Ségolène Royal et qu'on est un gros troll, c'est bien aussi. C'est bien quelque soit le sujet, d'ailleurs. Pensez-y, ça vous aidera dans la vie.


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dimanche 16 décembre 2012

Mais quand allez-vous donc vous taire, Monsieur Peillon ?

"Je n'ai pas 4 enfants avec elle, et donc franchement, je ne sais pas ce que je peux vous dire".

Classe et élégant, voici la réponse de Vincent Peillon à Anne Sophie Lapix concernant une possible entrée de Ségolène Royal au gouvernement.

Qu'est-ce donc que ceci ? Vincent Peillon capable à la fois d'être suffisamment faux cul pour rappeler que "la vie politique française doit beaucoup à Ségolène Royal" (oui, oui, on sait, tous ceux qui la méprisent sont ceux qui le crient le plus fort) mais en même temps la rabaisser à un statut purement privé... Qu'est-ce qu'ils viennent faire dans cette histoire, ses enfants ?

"Qu'il se débrouille avec sa bonne femme". Voilà ce que vient de dire Vincent Peillon. On lui pose une question sur une personnalité politique française, il répond sur l'ex compagne de François Hollande...

Parce que Vincent Peillon a travaillé longtemps avec Ségolène Royal, avant la rupture de Dijon en 2009. Il a travaillé avec elle pendant la campagne présidentielle en 2007, et ensuite pour le congrès de Reims... Il sait parfaitement quoi dire à son sujet. Quoi dire de "politique".

Je ne sais pas s'il fait parti des "ministres qui lèvent les yeux au ciel" (sic) quand on les questionne sur Ségolène Royal (mais j'ai une petite idée là dessus). On aimerait bien savoir ce que certains ont accompli dans leur vie politique pour se permettre de juger de la sorte ou de parler de la vie privée des gens quand il n'a toujours été question que de politique. 

vendredi 14 décembre 2012

Pourquoi Hollande aurait tort de se priver de Ségolène Royal


Poser la question, c'est déjà y répondre. Lui et son gouvernement ne déclenchent ni scènes de liesse, ni explosions de joie derrière eux depuis leur entrée en fonction il y a maintenant 8 mois. 
Et pour cause. Même si la droite est au sommet du ridicule (quoi que je ne puisse qu'approuver que François Fillon ne veuille pas se laisser mener par le bout du nez par Copé) il faut arriver à garder un minimum de raison et d'objectivité pour constater que du côté de l'exécutif, ce n'est pas franchement, franchement ça.
Sans même parler du fond, qui est souvent plus ou moins critiquable ou acceptable en fonction de la subjectivité et de la sensibilité politique des personnes, Hollande et ses ministres enchaînent les bourdes et les erreurs de communication. Parfois, comme sur Florange, on est d'accord avec l'un, on critique l'autre, dans un capharnaüm médiatique induit par une com' approximative... mais ça revient au même globalement : cafouillage, erreur et amateurisme. 

Un autre sujet encore, pour illustrer cela : le mariage pour tous les couples. C'était censé être un point stable de l'action du gouvernement. Une valeur sûre qui devait être votée sous peu.... Entre la boulette de Hollande sur la liberté de conscience (qu'il a eu tôt fait d'admettre et de retirer, mais le mal est fait) et la pétition qui n'a pas lieu d'être de Harlem Désir, on en viendrait à douter. Personnellement je n'ai pas de raison d'être pressée sur ce sujet, mais j'aimerai bien que ce soit fait, le plus rapidement possible, dans la simplicité, et qu'on puisse passer à autre chose. C'est dans le programme, c'est au programme, arrêtons de perdre du temps pour rien.

On a besoin de quelqu'un qui sache faire passer des messages clairs. C'est comme ça que Hollande a été élu... L'anaphore "Moi, President", la fameuse anaphore, c'est exactement cela. De la clarté, des messages clairs... avant que finalement le naturel ne revienne au galop après l'élection...



Alors pourquoi devrait-il se priver de Ségolène Royal ? 

Parce qu'une telle personne ne le supporterait pas, ce serait la faire sortir de ces gonds, ce serait la narguer, la provoquer, ça entraînerait des mauvaises ondes autour de notre pauvre François Hollande qui n'avait pourtant rien demandé à personne ?

Cessons ces arguments. Ça ne fait que leur donner une légitimité à exister, qu'ils n'ont pas. Le Président de la République nomme ses ministres sur proposition du Premier ministre. Oui, du premier ministre. Et sur proposition ni avis consultatif de personne d'autre. Et je crois que ce serait franchement décevant et dommageable pour le Président de la République de laisser croire qu'il puisse lui être possible de prendre avis et permission ailleurs.

Avoir Ségolène Royal dans son gouvernement sera surtout une excellente manière de mettre fin à la pièce de boulevard qui a donné des scènes aussi ridicules que désagréables, comme lorsqu'à l'ONU, Hollande n'a pas été capable de la saluer devant une caméra.
Il y a 2 façons de mettre un terme ferme et définitif à cela : donner un ministère à Royal et virer le conseiller qui lui a donné l'idée de passer par la porte de service à l'ONU et de s'assurer une vraie polémique.

Je ne peux pas m'empêcher de rajouter qu'on nous a bassiné avec certaines journalistes politiques qui voulaient absolument exister (et surtout le faire savoir) malgré leur politique de compagnon... ce qui est autrement plus complexe comme situation que de laisser travailler ensemble 2 personnalités politiques malgré leur passé commun.

Donc oui, un ministère, soyons fous. Soyons exigeants. Exigeants ?... Des poids lourds du PS comme Laurent Fabius ou Arnaud Montebourg ont eu ce qu'ils voulaient en échange de leur soutien pendant la campagne présidentielle. Je ne pense pas qu'ils aient été plus méritant qu'une autre. Je suis même certaine que non vu les embûches et les coups tordus à travers lesquels il faut parfois passer pour soutenir quelqu'un qui ne daigne pas vous inclure dans une vidéo de campagne. Mais je m'égare. Revenons à nos moutons....

Ce n'est donc pas un sujet "compliqué" ni une situation périlleuse ou gênante pour Hollande, comme j'ai pu le lire ici ou là. Ségolène Royal a été candidate du PS à la même fonction que Hollande, elle a déjà occupé 3 ministères différents. On ne parle pas d'une sous secrétaire nationale du PS, ou d'une conseillère municipale, qu'il pourrait être gênant et louche de bombarder ministre... En ces temps tourmentés du quinquennat, c'est peut-être intéressant de s'entourer de valeurs sûres. On a mis en avant le renouvellement des générations en mai dernier... comme toute chose, ça a eu ses avantages et ses limites. Il y a eu de l'amateurisme, des fautes, du chacun pour soi.
Il y a eu aussi, avant, durant la campagne présidentielle, de graves erreurs de communication. L'art du PS a été de se compliquer la vie pour tenter de gérer une situation qui était pourtant simple. Mais la peur et l'esprit courtisan a pris le dessus.

Par pitié, revenons à un peu plus de simplicité et à un peu plus de raison. Faire un meeting avec Ségolène Royal, ce n'est pas compliqué. Mettre Ségolène Royal dans une vidéo de campagne, ce n'est pas compliqué. Dire bonjour à Ségolène Royal devant une caméra, ce n'est pas compliqué. Intégrer Ségolène Royal dans son gouvernement, ce n'est pas compliqué.

mercredi 12 décembre 2012

Bilbo Le Hobbit : premières impressions à chaud



Fan inconditionnelle du Seigneur des Anneaux-le Film (les livres aussi, mais je ne les ai lus qu'une fois il y a fort longtemps, et malheureusement je n'arrive plus à prendre le temps de les relire. Honte sur moi, honte sur les études de médecine, honte sur twitter qui est chronophage...), je me suis donc précipitée pour voir Le Hobbit dès sa première séance aujourd'hui.... en 2D et en tout normal donc je ne pourrai juger de la nouvelle technique HFR et me contenterai de parler du film.

(Ndlr : Lecteur qui veut un minimum d'objectivité, passe ton chemin. Je kiffais déjà le film ce matin avant de l'avoir vu.)

(Ndlr 2 : je préviens d'entrée que je n'ai pas lu le livre Bilbo Le Hobbit)

Quand on adore la trilogie du Seigneur des Anneaux (SDA), on s'y retrouve pas mal. Beaucoup de clins d'oeil et de parallèles, certaines scènes quasi identiques... comme au moment où Bilbon passe l'anneau à son doigt pour la première fois. Ça peut en irriter certains (j'en ai entendu un qui trouvait ça tout pourri à la sortie de la salle). Pour moi qui voulais voir du Peter Jackson, du Seigneur des anneaux-like, ça m'a tout à fait convenu.

Ça a le mérite de placer le film dans la droite ligne de SDA et évite les incohérences. A part la principale et majeure erreur de SDA qui fait un flash back sur un vieux Bilbon récupérant l'anneau, alors qu'il était évidemment jeune... mais bon, on pardonne.
Je profite de ces remarques pour dire qu'on peut tout à fait comprendre le film sans rien connaitre de Tolkien... contrairement à ce que disait un chroniqueur sur l'Express qui était largué pendant 1h... je vous rassure, c'est juste une andouille.

Ensuite, la longueur du film : 2h45, que je n'ai pas vu passer. Le démarrage n'est pas vraiment "long" contrairement à ce que j'ai pu lire dans les critiques. Ni plus long, ni moins long que celui de la Communauté de l'Anneau. Et si vous trouvez la Communauté de l'Anneau trop long, je suis désolée pour vous...
Je pense que les 2 trilogies seront assez parallèles en ce qui concerne le rythme de l'histoire.

Les personnages maintenant... la "compagnie" est un peu moins attachante que la "communauté". Mais je m'attendais à pire. Evidemment il manque Aragorn, il manque Legolas, mais Thorin écu-de-chêne a le mérite d'être relativement charismatique. Et puis, 10 ans plus tard (mais 60 ans plus tôt), on retrouve Gandalf, on retrouve Elrond, Saroumane, Galadriel, Gollum, Frodon pour une courte séquence...  très agréable.
Je ne peux m'empêcher une petite critique, cependant : je trouve les chevaux -des Elfes, notamment- un peu moins élégant que les très belles montures que l'on voit dans SDA....



Et il y a de l'humour... je ne me souviens pas avoir entendu la salle rire lors de la trilogie SDA. C'est vrai, c'est au départ un livre pour enfants. Cependant je ne conseille pas trop le film pour les "enfants" (ça dépend, certes, de ce qu'on entend par "enfants"). Il y a quelques courtes scènes assez noires au milieu du film, qui aiguisent ma curiosité pour la suite (je n'ai pas lu le livre).... et puis ça reste du buttage de trolls, d'Orque et de Gobelins.


Bref, conclusion de tout cela : un film à voir si on aime le Seigneur de Anneaux. Un film à voir si on n'aime pas le Seigneurs des Anneaux mais qu'on adore critiquer les blockbuster.
Personnellement, je ne me suis pas du tout ennuyée et si je n'avais pas ce putain de CSCT, j'y retournerais bien la semaine prochaine.


(NB : attention, dans ce film, vous verrez un hérisson mourir avec plus de talent que Marion Cotillard)


dimanche 2 septembre 2012

Enseignement de la morale laïque : une erreur

Je vois ici et là que Vincent Peillon aurait décidé de mener une réflexion sur l'enseignement de la morale laïque à l'école.

Même si je ne sais pas encore où cela va mener, pour moi c'est déjà une erreur. Effectivement, comme le dit Peillon, cela va au delà du clivage gauche-droite : quand il s'agit de rajouter des matières bidons, un consensus de toute la classe politique se met très vite en place. 

Vincent Peillon est ministre depuis 4 mois, il devrait avoir d'autres priorités (même si je sais qu'il les a) que les cours de morale laïque. J'imagine que dans son esprit, ce genre de cours pourraient régler les problèmes de comportement de certains élèves, amener plus de tolérance, d'amour de son prochain, et mon Petit Poney qui danse autour de l'Education Nationale avec une farandole de coeurs.



Il faut comprendre que les profs en ont marre. Ils n'ont pas envie qu'on leur rajoute encore des heures de cours mal payées. J'entends déjà les soupirs des profs qui se demandent QUI va écoper des heures d'enseignement de morale laïque.

Ce n'est pas ce qu'ils veulent et ce n'est pas ce qu'il faut. Il faut diminuer le nombre d'heures à la suite, faire des journées plus courtes, des classes moins chargées... Peillon a déjà dit ça, alors POURQUOI veut-il leur coller des cours de morale laïque ?

Pitié, arrêter de vouloir rajouter des heures inutiles. On a déjà l'éducation civique, ça suffit comme ça. J'étais pourtant une bonne élève, mais pour moi l'éducation civique n'était qu'une heure de glandouille (et en plus on l'avait dans notre emploi du temps à 8h du matin le vendredi. Autant se tirer une balle dans le pied tout de suite). Je ne dis pas que je ne le regrette pas aujourd'hui, mais c'est comme ça. Une question de maturité, probablement.

Si on pouvait arrêter cette spirale infernale qui consiste à rajouter encore et toujours des matières... On supprime l'histoire géographie en Terminale S mais après on va rajouter de la morale laïque ? Allo, les profs aimeraient que les gouvernements successifs aient une vision de l'Education Nationale avec un tout petit peu de cohérence !
Changer pour améliorer, c'est bien ; changer pour changer et rajouter des trucs bidons, c'est mauvais.
Les profs ont surtout envie de réforme cohérente avec une vision à long terme. Pas de mesurettes pour faire croire qu'on réforme.


Edit : je m'explique plus clairement, puisque manifestement le débat reste bloqué sur "mais-c'est-trop-bien-la-morale-laïque-ça-changera-les-gamins-de-secret-story".
On en revient à l'histoire de Mon Petit Poney, et ça fera certainement bien marrer les gamins complètement réfractaires à tout forme d'éducation que vous pensez toucher avec ça.

Mais surtout, rajouter 1h de morale laïque, ce n'est pas que rajouter 1h par semaine dans un emploi du temps (où ce n'est pas marqué "open bar", je le rappelle). C'est rajouter des heures de préparation de cours pour des profs qui ne sont probablement pas du tout formés pour enseigner ça. C'est donc du travail en plus (pas vraiment ce que les profs demandent) et du temps en moins pour faire leur matière de prédilection (l'histoire-géo, puisque j'imagine que ce sont eux qui vont gagner le gros lot, pour remplacer l'éducation civique). Vous croyez qu'on claque des doigts et POUF, le cours de morale laïque tombe tout cuit dans le bec du jeune oisillon qui a soif d'apprentissage ? Mais c'est de la fiction, ça ! Contrairement à ce que la majorité des gens s'imaginent, un cours, on ne le sort pas de son chapeau d'un coup de baguette magique...
On supprime la formation des profs pour leur matière, et on veut encore rajouter une matière obscure qui leur est inconnue. C'est cohérent, ça ?
Vous pensez que faire enseigner une matière par des profs non formés, qui n'ont pas le temps, c'est bien pour les élèves ?

C'est un peu comme l'anglais en primaire. Très bien, parfait, génial. Sur le papier. Parce que dans les faits, on le fait enseigner par les instituteurs qui ne sont pas du tout bilingues ou formés à l'anglais. Je vous laisse imaginer le massacre que ça doit être dans certaines classes.

Ou alors ça me fait penser aussi à ce que j'appelle le syndrome TPE (travaux personnels encadrés). On invente une matière, un créneau horaire sur l'emploi du temps, 2 ou 3 objectifs et démerdez vous.
C'est la même spirale infernale que depuis des années. Alors quand on me reproche "mais comment tu sais ci, comment tu sais ça, comment tu peux penser que...". Je sais.

Je sais que ça fait beaucoup de problème pour un intérêt incertain... 

dimanche 29 juillet 2012

Non, Najat Vallaud-Belkacem n'est pas "l'arabe de service" de Ségolène Royal !


Najat Vallaud-Belkacem est, pour moi, l'une des révélations principales du Parti socialiste depuis 2007, jusqu'à son entrée récente au gouvernement. Elle possède des qualités qui, à mes yeux, sont essentielles : la loyauté et la fidélité à ses idées et à ses actes.

Depuis 2007, où l'on a découvert une Najat porte-parole de la candidate socialiste, jusqu'à 5 ans plus tard pour la primaire du PS où l'on disait Ségolène Royal seule, elle est restée fidèle et loyale. À la différence de certains dont je tairai les noms, elle est restée aux côtés de l'ancienne candidate à la présidentielle jusque dans les moments les plus difficiles. Est-ce que ça l'a empêchée aujourd'hui d'être ministre, finalement ? Non, elle l'est tout autant que ceux qui sont vite partis quand le vent a tourné. 

Elle est ministre parce qu'elle a tout pour elle : l'intelligence, la gentillesse, la loyauté, la fidélité, la jeunesse et évidemment, elle est l'image de la "France métissée" chère à Ségolène Royal. Tous ces atouts ont pu être découverts au fil des ans, grâce à sa mise en avant au sein de l'équipe de Ségolène Royal. Elle comme d'autres, qui sont eux aussi au gouvernement aujourd'hui : Delphine Batho et Guillaume Garot, entre autres.

Au regard de tout ça, imaginer que Ségolène Royal n'ait pu trouver en Najat la seule qualité que celle de représenter la diversité - simplement parce que deux phrases du "Point" semblent le dire - est une aberration. En ce qui concerne les gens qui connaissent parfaitement Ségolène Royal depuis des années, sa façon de penser, sa relation avec Najat... les voir imaginer une chose pareille me laisse sans voix. Ségolène Royal a toujours voulu mettre en avant une nouvelle génération, une France jeune, métissée et compétente. Qu'elle ait voulu s'entourer de cette France-là, qu'elle chérit, me parait assez logique.

Depuis 2007, Ségolène Royal n'a jamais utilisé l'image de Najat Vallaud-Belkacem pour mettre en avant la diversité de son équipe. Jamais. Najat a toujours été vue comme une bosseuse parce que c'est ce qui est essentiel aux yeux de Ségolène Royal. Je connais peu la façon de travailler de Ségolène Royal par rapport à d'autres, mais suffisamment pour savoir qu'il faut être volontaire, infatigable, exigeant avec soi-même... pour tenir la distance.

Pour comprendre ce que je veux dire, laissons la parole à Najat (dans son livre "Raison de plus",publié chez Fayard) : 

"Il est une autre de ces qualités que j'ai apprécié plus que tout : Ségolène Royal, quoique entièrement acquise à la nécessité absolue de faire de la France un pays fier et conscient de son "métissage", n'a jamais cédé à la facilité de faire de moi la représentante attitrée de la diversité au sein de son équipe. (...) Lorsque je vois le sort réservé aujourd'hui aux "stars de la diversité" promues par l'UMP en 2007, je mesure la pleine valeur de son attitude". 

Ce qui s'est passé en 2007, c'est exactement ce que Ségolène Royal n'a pas fait, et qui permettra à Najat de réussir au gouvernement : choisir des ministres simplement pour leurs origines et qui ont donc fini par échouer dans leurs fonctions : Dati, Yade, Amara...

Non, malgré l'envie profonde de certains de tomber sur Ségolène Royal dès qu'ils en ont l'occasion, on ne peut pas lui reprocher d'avoir laisser à Najat le seul rôle de l'arabe de service.

Pour moi, ce que cite "Le Point", c'est inconsistant, on s'en moque. Des phrases sorties de leur contexte, une réponse partielle à une question qu'on ne connait pas et qui, comme dit Ségolène Royal dans un communiqué "aboutissent à lui faire dire le contraire de ce qu'elle a toujours affirmé". Elle ne "se reconnaît pas dans les propos réducteurs que lui prête le journal 'Le Point' à propos de Najat Vallaud-Belkacem", simplement parce qu'elle ne fonctionne absolument pas de cette façon réductrice. Réduire Ségolène Royal à ces deux phrases est aussi stupide que de réduire Najat à sa double nationalité...

Et je mets au défi les adeptes de la polémique de me trouver, en 5 ans, le moment où elle aurait mis Najat en avant, uniquement par et pour son origine...